Vlog #41

Nous quittons Las Palmas de Gran Canaria au petit matin et arrivons à Santa Cruz de Tenerife après 9h40 de navigation.

Navigation mouvementée, assez sportive, un peu de galère mais toujours une bonne humeur à bord de Topoïs !!

Pour suivre toute cette aventure du jour, c’est par là : https://youtu.be/cyCMV9P7mY0

Tenerife – Archipel des Canaries– Coordonnées GPS : 28° 27′ 30” N – 16° 14′ 48” W – 19 août 2021

Après 6 mois à arpenter Gran Canaria dans toutes ses longueurs, ses largeurs et ses hauteurs, il était temps de partir à la découverte de Tenerife. Nous devions déjà nous y rendre l’an dernier, mais le Covid avait fortement modifié notre itinéraire.

C’est donc avec beaucoup d’entrain que nous quittons le port de Las Palmas. Nos bateaux copains Agnès et Denis d’Imagine et Danyel d’Aloha sont venus nous saluer hier soir et ce matin, nos voisins Alexander, Marcia et Basilio se sont levés tôt pour nous dire au revoir. On ne se dit jamais adieu car on sait qu’à un moment ou un autre, on se retrouvera quelque part.


Nous franchissons la digue à 7h20, il fait beau et assez bon. La météo prévoit 10 à 15 nœuds de vent, une houle de 1,50 mètre et du soleil sur tout le trajet.

A peine avons-nous dépassé la digue du port commercial que la houle semble plus importante que prévue. Nous envoyons la Grand Voile en prenant un ris car les conditions vont se corser un peu plus loin. On le sait, c’est géographique, dès que nous ne serons plus protégés par l’île, le vent forcera. Pour l’instant, nous avons entre 7 et 9 nœuds et nous avançons à 5. Nous devions bénéficier d’un vent de travers, nous naviguons au près. Jean-Marie décide de faire fonctionner notre merveilleux moteur Volvo Penta, ça va lui faire du bien à lui aussi de naviguer !

Après quelques minutes à barrer, il est temps de mettre notre pilote automatique en marche. Mais celui-ci est visiblement contrarié de ne pas avoir servi pendant un moment. Il nous indique le message « moteur arrêté ». On éteint tous les instruments et le remettons tout en route, rien à faire notre pilote est en grève.

La mer est de plus en plus formée et la houle de 1,5 mètre et devenue une grosse houle croisée avec des creux de 4 à 5 mètres. Jean-Marie n’est pas très enthousiaste pour aller vérifier les connections du pilote et il est encore plus dissuadé quand il voit que l’état de la mer commence à influencer sur l’état du co-skipper. J’ai le petit-déjeuner qui remonte et si je ne m’allonge pas, les poissons vont pouvoir bénéficier d’une salade de fruits dans peu de temps.

Il nous reste environ 8heures de navigation devant nous, donc nous barrerons à tour de rôle. Pendant ce temps, Mooring profitera du confort de son panier.

Nous avons sorti la canne à pêche avec un super leurre. Nous aimerions vraiment pêcher et remonter les scores de Topoïs mais avec la mer formée, nous ne sommes guère optimistes.

Comme prévu, une fois que nous sommes dans le couloir entre les îles de Gran Canaria et de Tenerife, le vent force vraiment. Nous passons à 15-20 nœuds, je reprends un ris dans la GV. Topoïs marche entre 8 et 9 nœuds maintenant. La mer est toujours très formée et nous décidons de manger les sandwiches que j’ai préparé ce matin. Nous ne mangeons jamais vraiment lorsque nous naviguons, nous picorons en fonction de nos envies. A peine, mon sandwich est avalé que je commence à avoir la nausée. 5 minutes plus tard, tout est par-dessus bord. Grrrr que je n’aime pas ces navigations.

Je barre un peu et le vent forcit toujours. Nous sommes entre 20 et 25 nœuds. Jean-Marie enroule un peu le génois. Nous apercevons au loin la côte de Tenerife. Il va falloir repérer l’auditorium qui avec la forme très géométrique sert d’amer.

Enfin la côte est proche, nous remontons la ligne de pêche. Ce n’est pas ce soir que nous mangerons de la bonite ou de la dorade coryphène ! Nous remettons le moteur en route, enroulons la GV et le génois. Les bouées de balisage d’entrée de la marina ne sont pas très visibles. Heureusement que l’auditorium est là. J’appelle les autorités portuaires sur le canal 12 de la VHF et ils me donnent l’autorisation d’entrer dans le chenal qui mène à la marina. Nous sommes maintenant à l’abri mais le vent souffle très fort. J’appelle le marinero sur le canal 9 et il nous indique notre place pour les 6 mois à venir.
Nous avons mis 9h40 pour avaler ces 55 milles.

Nous entendons déjà les commentaires « Quoi 6 mois ?? » « Combien ? 6 mois ? » « Ce n’est pas un peu long ? »
C’est vrai que cela peut paraître beaucoup mais nous avons le temps, nous n’avons pas de train à prendre.
On a envie de dire qu’on fait ce qu’on veut et surtout qu’on fait ce qui nous plaît.

Nous ne souhaitons pas visiter les Canaries au pas de course, nous préférons découvrir à notre rythme. Et puis, avouons-le, nous sommes tombés sous le charme de cet archipel et de ses habitants.
Nous bénéficions d’un climat agréable toute l’année, ni froid, ni trop chaud.
D’un point de vue, plus pécuniaire, le fait de rester 6 mois dans cette marina, nous permet de bénéficier d’une remise de 30 %. Quand on sait que sans réduction, le coût mensuel pour Topoïs flirterait avec les 1000 euros, nous vous laissons calculer.

Après un repas rapide, nous filons au lit pour passer une très bonne nuit.

 

 

Gran Canaria – Archipel des Canaries– Coordonnées GPS : 28° 07′ 41” – 15° 25′ 34” W – Du 1 juillet au 14 août 2021

Hum comme ça fait du bien de retrouver une vie culturelle. Nous avions déjà commencé au mois dernier à refréquenter les théâtres et salles de spectacle. Juillet commence sur le même rythme avec un concert funk et groove au Paper Club. Nous sommes accompagnés de Danyel et d’Isabelle et Jean-Benoît de Maverick II pour savourer ces reprises de Stevie Wonder, Kool and the Gang, Gloria Gaynor, Earth Wind and Fire et tant d’autres. Ça nous démange de danser mais avec les mesures covid, nous sommes contraints de rester sur nos chaises. Tant pis, on bouge le haut du corps et on tape dans les mains. Et on s’amuse, c’est l’essentiel ! Le cadre est toujours super sympa et le prix du concert très attractif. 11.80 € par personne avec une boisson offerte. Qui dit mieux ? On mange sur place et on se régale pour moins de 15.00 € par personne avec les autres boissons. Ce n’est vraiment pas cher pour un spectacle de qualité.

 

 

 

Nous avons passé une belle journée chez nos amis canariens Isabel et Julio. Il fait super beau et chaud à Telde alors nous mangeons sur la terrasse supérieure mais sous un petit abri. Ils nous ont préparés quelques spécialités culinaires de Gran Canaria : sangria au cava, les papas arrugadas avec les sauces mojo verde et rojo, la ropa vieja (sorte de pot au feu avec de la viande, des pommes de terre et des pois chiches), le chorizo de Teror et le boudin noir aux noisettes, des viandes au barbecue, des crevettes à la plancha, les délicieux fromages canarios (qu’on mange dès le début du repas), des salades de lentilles, et une crème au chocolat en dessert. J’avais préparé des flans à la noix de coco. Inutile de préciser que nous étions gavés ! En plus contrairement à la France où les plats s’enchaînent les uns après les autres avec des petites pauses, ici tout arrive en même temps et à une vitesse folle. Après le repas, on danse pour se détendre un peu et puis on chante. Le Karaoké est de sortie et on mixe entre les chansons canariennes, le fameux Julio Iglesias et les incontournables tubes français. Et comme d’habitude, on profite de la vie en bonne compagnie.

 

Après avoir bien gambadé sur les chemins de Gran Canaria, nous sommes contraints de rester sur le bateau. Enfin surtout mon capitaine qui souffre d’une inflammation du tendon externe du genou. Poche de glace, cataplasme d’argile verte et huile essentielle de Gaulthérie, on essaie les produits naturels pour le soulager. En complément d’un repos total, c’est super efficace. Ça demande de la patience, mais c’est merveilleux. Au bout d’une semaine, Jean-Marie est de nouveau sur pieds.

Mais pendant qu’il est immobilisé, je prends mon vélo pour aller à la découverte des autels installés en l’honneur de la Virgen del Carmen, patronne des marins. De nombreuses maisons sont décorées pour l’occasion et certains habitants du quartier de la Isleta ont installé des répliques de la Vierge à leur fenêtre. La Sainte Patronne est habillée de nombreuses robes et la préparer prend plus de 5 heures. Dans l’église, de nombreuses personnes défilent pour prier la Vierge, pour présenter un nouveau-né, pour bénir un malade. La dévotion est importante.

 

 

 

J’en profite également pour aller voir un spectacle de derviches tourneurs avec Agnès. La musique syrienne emplit le théâtre et les derviches tournent en pleine méditation. C’est toujours impressionnant de les voir comme ça pendant une dizaine de minutes sans aucune perte d’équilibre. Les morceaux s’enchaînent et les costumes sont éclatants de couleurs. Malheureusement, il est interdit de prendre des photos donc tout restera dans nos mémoires. Nous terminons par un petit restaurant bien sympathique.

  

Après la convalescence de Jean-Marie, nous partons en escapade à Artenara avec une étape restaurant au Mirador de la Cilla. Le restaurant est situé dans une grotte avec un panorama de folie. Nous nous arrêtons à la Grotte de la Virgen de Fátima, une charmante petite église troglodyte.

Nous profitons de nos derniers jours de location de voiture pour aller au Charco de las Palomas à Tejeda. Normalement il y a des cascades mais c’est sec, très sec. Nous marchons un peu car la promenade n’est pas très longue, nous pique-niquons à l’ombre car il fait 35 degrés et en profitons pour cueillir des amandes en libre-service.

Il y a quelques temps, nous avions repéré une rue dont les trottoirs étaient ornés de statues en bronze. Nous retournons donc à Cruce de Arinaga pour voir Los juegos infantiles (les jeux d’enfants). Ce sera notre dernière sortie en carrosse sur Gran Canaria puisque nous devons rendre la voiture.

  

 

Entre les promenades, nous bricolons sur le bateau. Jean-Marie installe une prise directe d’eau. Lorsque nous sommes en marina, nous sommes directement branchés au réseau du port. Cela nous évite de remplir les réservoirs et de faire fonctionner les pompes.

Pendant ce temps, je m’occupe de l’entretien : fonds de cale, vaigrage, plafond, équipets, tout y passe. C’est le grand nettoyage d’été ! Je démonte toutes les housses des matelas, je frotte, ça sèche ! Ou comment brûler des calories en assainissant l’atmosphère.
Après l’intérieur, on s’occupe du pont. Jean-Marie se charge du lessivage complet. Je m’atèle à la capote. On démonte tout, on lave, on lustre, on remonte. Pour maintenir Topoïs, en bon état, ça demande un peu d’efforts !

Nos amis Maribel et Juan Carlos nous invitent chez eux pour un repas qui ne sera pas très light. Tortilla et fromage en entrée, paella en plat de résistance, saucisson au chocolat fait par mon skipper en dessert, quelques fruits secs pour grignoter en regardant la cérémonie de clôture des jeux olympiques, puis churros au goûter. Inutile de dire que nous avons jeûné le soir !!!
Nous passons une belle journée, en bonne compagnie et bien entendu, territoire espagnol oblige, nous jouons au Bingo. Dire que nous les avons rencontrés car j’avais proposé de les prendre en photo au Carnaval en février 2020. Les canariens sont vraiment des gens très ouverts et sympathiques. Tout paraît si simple !

 

Après des mois de fermeture liée au Covid, l’aquarium de Gran Canaria a ouvert. Et nous nous y rendons pour profiter des grands bassins tout en faisant une bonne action. En effet Poema del Mar participe à la protection de l’environnement avec notamment l’étude et la réintroduction d’une tortue endémique des Canaries, l’étude des requins anges.
Nous commençons notre exploration en plongeant dans « La Jungle » qui recrée les paysages et la biodiversité des différentes régions du monde. Nous découvrons ensuite « Le Récif », un gigantesque cylindre de 400 000 litres d’eau qui présente une grande variété de couleurs créées par les poissons et les récifs coralliens. La troisième zone est le « Deep Sea », et nous sommes surpris par le plus grand bassin d’Europe avec une vitre incurvée de 37 mètres de long. On a l’impression d’être au fond de l’eau. Plus de 350 espèces sont représentées au Poema del Mar. L’aquarium est joli, bien pensé. Voir les poissons et les méduses nager au son de la musique classique est un enchantement. On reste plus de deux heures trente à profiter du spectacle, tranquillement, sans bousculade. Une superbe après-midi !!

      

     

 


Après plusieurs mois à Gran Canaria, il va falloir songer à changer d’île. Nous sommes bien ici, nous avons nos habitudes, de nombreuses connaissances mais il nous tarde d’aller à la découverte de Tenerife.

Alors on prépare Topoïs à reprendre la mer. Jean-Marie vérifie les voiles, fait la vidange du moteur. Je range nos petits objets de décoration, je cale dans les placards. Dans 4 jours, nous serons sur l’eau pour une nouvelle destination !

Gran Canaria – Archipel des Canaries– Coordonnées GPS : 28° 07′ 41” – 15° 25′ 34” W – Du 29 mai au 30 juin 2021

Comme le temps passe vite quand nous sommes confortablement installés sur une île qui nous enchante et dans une ville où nous avons maintenant nos habitudes.

Nous alternons les visites nature, nos séances de sport, les sorties culturelles et puis bien sûr nos lectures au soleil, nos repas entre amis et nos bricolages. Nous profitons de notre vie tranquillement, paisiblement, loin du Covid qui semble rendre les gens fous, terrifiés et parfois agressifs.

Nos pas nous ont conduits dans les dunes de Maspalomas où nous nous sommes entraînés à sauter. Bon il y a encore du boulot !

Un petit tour à Puerto Mogan toujours déserté par les touristes qui peinent à venir sur Gran Canaria.

Le 5 juin, nous sommes allés au Teatro Perez Galdós pour assister à un spectacle de musiciens – clowns – acrobates : Concerto pour deux Clowns des Rois Vagabonds. Un superbe moment où la musique classique se mêle aux acrobaties de deux clowns. C’est magique, féérique, poétique et nous recommandons vivement ce spectacle qui sera en France dans les prochains mois. http://lesroisvagabonds.com/agenda.html

 

Le Teatro Perez Galdós est superbe de l’extérieur mais aussi de l’intérieur. En raison du Covid, nous avons des places séparées des autres spectateurs. Nous n’avons personne devant, ni derrière, ni sur les côtés. On nous prend la température en entrant, on garde notre masque. Comme quoi, on peut ouvrir les salles de spectacle en respectant les mesures.

Promis, on a juste retiré le masque pour la photo. De toutes façons, une armée de jeunes ouvreuses veillent au grain et comme on connaît bien l’une d’entre elles, on reste sages.

     

Ce n’est pas un secret, nous aimons la musique à bord de Topoïs. Nous ne pratiquons d’aucun instrument mais on chante, on danse, on remue nos corps de rêve en rythme. D’ailleurs, vous avez dû voir nos talents sur notre chaîne Youtube !! Suivez ce lien, pour suivre nos aventures en mouvement :  https://www.youtube.com/channel/UC85TdA6X_9g1Argm5–Xw1w
Nous avons découvert un super endroit pour écouter de la musique et assister à des concerts : Le Paper Club. Dans ce bar, se tenaient il y a plus de 100 ans, la rédaction et les ateliers d’impression du Journal « Diario de Las Palmas ». L’ambiance est sympa. En raison du Covid, on doit rester assis à sa table mais on peut boire un verre, manger un morceau.

  


Alors nous avons profité d’un concert hommage à Queen. Le groupe Miracle Band, dont le chanteur Samuel Guedes est le sosie vocal de Freddie Mercury, nous a enchanté pendant une heure et demie. Il suffisait de fermer les yeux pour se croire à Wembley.

Sortir c’est bien mais il faut aussi assurer l’entretien courant de Topoïs et apporter quelques améliorations. Nous avons décidé d’installer des toilettes électriques dans notre cabine. Nous avions un système manuel mais ayant gouté à la commande électrique dans la cabine « invités », nous avons sauté le pas. Jean-Marie, aidé de notre bateau-copain Danyel, fait les branchements sanitaires et électriques.

Pendant ce temps, je ressors la machine à coudre pour refaire trois coussins du carré qui se sont abîmés. Nous avions demandé un devis chez Nauti Sattler, le tapissier de Bavaria mais à 800.00 € la housse de chaque coussin, je me suis dit qu’il valait mieux que je cherche un skaï identique et que je me lance. Après 2 jours de travail, les coussins sont refaits à neuf et pour un coût nettement plus raisonnable puisque j’ai acheté le polipiel 50.00 €.

Jean-Marie vérifie les anodes et change celle de l’hélice. Il en profite pour remonter une balle de massage et une pompe à huile qui étaient tombées à l’eau il y a quelques jours !

  

Et pendant ce temps, Mooring fait la sieste au soleil 😉 La veinarde 

Nous allons souvent vers la plage de Las Canteras. A pieds mais aussi à vélo et faire du vélo à Las Palmas de Gran Canaria, c’est un vrai régal. Le réseau de pistes cyclables est très important, il parfaitement bien pensé et surtout bien entretenu. Les vélos sont prioritaires sur les voitures et tout le monde respecte bien cela. Une voiture laissera toujours passer un vélo et n’hésitera pas à ralentir en le voyant. Ça fait plaisir ! Nous avons donc profité d’un dimanche bien ensoleillé pour aller à la découverte de la nouvelle sculpture de sable. Cette fois-ci, un sphinx est allongé dans le sable. Les détails sont encore une fois époustouflants.

   

Au retour de la plage, nous passons par le Parc Santa Catalina et voyons l’énorme scène qui a été installée pour les concerts de l’anniversaire de la ville. Je sais que ce soir doit se produire un groupe qui rend hommage aux Beatles. J’ai essayé d’avoir des places mais malheureusement, en raison du Covid, il y en a peu et elles ont été prises d’assaut. Nous assistons aux dernières répétitions des musiciens et chanteurs et ça donne vraiment envie.

Par chance, un restaurant est pratiquement aux pieds de la scène et en étant assis à une bonne table, nous pourrions voir le concert. Je réserve donc une table pour le soir et à 20h30, nous sommes installés pour pouvoir profiter de cet évènement. A 21h00, les musiciens de The Bootleg Beatles arrivent et alors qu’ils étaient en short, tee-shirts l’après-midi, ils portent des costumes années 60 et surtout les perruques reproduisant les coiffures des Beatles. Ils entament la première chanson et on s’y croirait. Les Beatles sont de retour à Las Palmas ! Après l’entracte, ils reviennent en arborant les costumes et perruques des seventies. On en prend plein des yeux et les oreilles, tout en dégustant un super repas.

Après le concert hommage à Queen et celui-ci, il n’y a aucun doute, la qualité des concerts est au rendez-vous.

Le 24 juin, c’est la Saint-Jean. Alors aux Canaries, comme dans toute l’Espagne, on fait la fête. Cette année, encore en raison du Covid, les feux sont interdits sur la plage. Le grand feu d’artifice de la plage de las Canteras est annulé afin d’éviter les regroupements de personnes. Alors pour faire plaisir et pour marquer le coup, trois feux seront tirés à divers endroits de la capitale de Gran Canaria. Et par chance, nous pouvons en voir deux directement du bateau.

 

Bien sûr, nous avons aussi profité du 24 juin pour fêter l’anniversaire d’Agnès. Nous sommes allés dîner au restaurant Pier 19 et lui avons offert une jolie pochette et un galet que j’ai peint pour l’occasion aux couleurs du bateau d’Agnès et Denis.

Depuis le temps que nous sommes sur Gran Canaria, nous avons nos petites randonnées préférées. Des courtes, des longues, des faciles, des modérées et des difficiles. Nous avons plaisir à les faire découvrir et à les partager avec nos bateaux-copains. C’est donc avec Danyel d’Aloha et Yves et Fripounette de War Roak IV que nous sommes allés au Charco Azúl. Pique-nique dans les sacs à dos, bonne humeur et rigolade ont ponctué cette journée sous le soleil.

    

Le 26 juin, après 45 semaines à le porter en sortant de Topoïs, nous pouvons retirer le masque à l’extérieur. Bien sûr, si nous ne pouvons maintenir une distance de 1.5 mètres avec les personnes que nous croisons, nous devons le mettre. C’est donc toute fière, que je quitte le ponton pour promener Mooring avec mon masque dans la poche. Je sors et je m’aperçois que tout le monde a son masque sur le nez. J’ai dû me tromper de jour ! Je vérifie sur internet et non, nous sommes bien le 26 juin. Mais ici les gens continuent de le porter. Et si on ne le porte pas, on change de trottoir lorsque l’on croise quelqu’un. Nous avons l’impression qu’il va vraiment falloir du temps pour que l’on quitte cet accessoire.

Un climat de terreur et de jugement règne dans ce monde de fous.
Les gens ont peur du virus et c’est bien normal. Mais ils nous jugent parfois sans connaître ni notre façon de vivre, ni notre environnement.
Un de mes cousins nous a traité de « propagateurs de virus » car nous ne sommes pas vaccinés !!!
D’abord pour propager le virus, il faudrait que nous soyons porteurs dudit virus. Ensuite, nous ne pouvons pas nous faire vacciner aux Canaries. Parce que nous ne sommes pas résidents fiscaux canariens et que la priorité est donnée aux habitants des îles. Ce qui paraît logique.
Nous pourrions rentrer en France pour recevoir les doses mais il faudrait rester 7 semaines pour avoir les rendez-vous. Nous n’avons pas de maison en France et surtout nous n’avons pas du tout envie de rester tant de temps loin de notre Topoïs. Enfin, nous respectons soigneusement les règles instaurées aux Canaries. Nous verrons un peu plus tard ce que nous pourrons faire. Et puis dernier point, et non des moindres, nous pensons que nous sommes un peu libres de faire ce que nous voulons.
Alors vaccin ou pas, c’est nous qui choisissons ! 

“Fais ce que tu peux, avec ce que tu as, là où tu es” – Theodore Roosevelt

 

 

Gran Canaria – Archipel des Canaries– Coordonnées GPS : 28° 07′ 41” – 15° 25′ 34” W – Du 27 avril au 28 mai 2021

Avril est passé et nous entamons tranquillement le mois de mai à Las Palmas de Gran Canaria. Nous continuons d’explorer l’île pour notre plus grand plaisir.

Un matin, nous décidons d’aller pique-niquer à la plage. Nous allons jusque Puerto Rico et nous installons sur la Playa de Amadores. C’est une plage artificielle mais elle est super belle et nous nous voyons bien ici pour lire un peu au soleil. Alors que j’installe le parasol, un maitre-nageur sauveteur vient dans notre direction et nous informe que Mooring ne peut pas rester sur la plage. Nous avions pourtant vérifié avant de marcher sur le sable mais ce n’est indiqué nulle part. On repart donc avec notre glacière, notre parasol, nos bouquins et notre mascotte à la recherche d’un autre lieu. Les plages se suivent et toujours la même pancarte : interdit aux chiens ! Grrr ça nous énerve d’autant plus que certains humains sont sûrement plus sales que notre Mooring. Alors nous changeons nos plans et nous dirigeons vers la Presa de Soria. C’est un des 69 grands barrages qui ont été construits sur l’île.

Mais pourquoi autant de barrages sur cette île de 1500 km2 ?

L’eau a toujours joué un rôle important dans la vie de Gran Canaria. Lorsque l’île fut occupée par les colonisateurs espagnols, le problème de l’eau n’était pas aussi grave que quelques siècles plus tard. Avec l’arrivée du XXe siècle, la croissance démographique, l’expansion de la production agricole et industrielle et, surtout, l’émergence du changement climatique, le problème de la pénurie d’eau sur l’île est devenu de plus en plus grand.
Alors il a fallu construire des barrages mais aussi des canaux pour stocker, acheminer, gérer l’eau.

La construction de la Presa de Soria, le plus grand barrage de Gran Canaria a commencé en 1962 dans le ravin d’Arguineguin et a duré près de 10 ans. La capacité du barrage est de 32 300 000 m3 d’eau, mais il n’a jamais atteint sa pleine capacité en eau. Le barrage de Chira situé en amont transfère son excès d’eau dans le barrage de Soria grâce à un canal souterrain. Un projet de centrale hydroélectrique fait actuellement débat. Les écologistes partisans du respect des lieux affrontent les économistes qui prônent ce nouveau modèle énergétique basé sur une source d’énergie renouvelable. Une grande manifestation est prévue le 22 mai prochain pour appeler au respect des sites naturels.

Nous sommes à 900 mètres d’altitude. Les nuages sont accrochés à la montagne et le temps est couvert. Nous mangeons notre pique-nique dans la voiture car il fait vraiment plus frais qu’en bord de mer.  Cela ne nous empêche pas de profiter de points de vue superbes sur le Barranco d’Arguineguin et sur le barrage. Nous profitons encore une fois du manque de touristes pour visiter ces lieux dans un calme absolu. Seuls les chants des oiseaux et les croassements de grenouilles réussissent à rompre ce silence.



 

Nous reprenons notre chemin en passant par le Salto del Perro. Une autre petite retenue d’eau dont les parois sont reconnues par les fans d’escalade.

Comme ce n’est pas notre cas, nous poursuivons notre route pour atteindre la Presa de las Niñas. Cet autre barrage est le deuxième plus grand de Gran Canaria. Située au confluent des Barrancos de Pilancones et Ñameritas, cette retenue contient 5 180 820 m3 d’eau. Les abords ressemblent à un paysage de suisse, avec tous ces pins. C’est vrai que nous sommes dans le Pinar de Pajonales, donc il est normal de voir beaucoup de pins dans une pinède. Normalement, il est possible de faire des barbecues et de camper dans cette zone. Malheureusement, en raison du Covid, tout est fermé.