Festina lente ! Locution latine (traduction : hâte-toi lentement !)

Lorsque nous avons commencé à penser à notre projet, lorsque nous avons évoqué les grandes lignes de notre programme, nos objectifs principaux était de profiter, de savourer, de prendre notre temps.

Après plusieurs projets professionnels et personnels qui avaient demandé beaucoup d’énergie et d’implication, on s’était dit que se calmer serait une bonne option pour les années à venir.

Et puis, comme on ne change pas une équipe qui gagne, nos travers ont vite repris le dessus. Mille idées à la minute, mille choses à faire et à voir, nous revoilà pris dans l’engrenage du temps qui file.

Il faut l’avouer, je suis une grande stressée du temps qui passe. J’ai beau avoir retiré ma montre dès le premier jour de notre aventure, j’ai encore le réflexe de fixer mon poignet pour regarder l’heure. Lorsqu’on se promène, dès qu’une église sonne midi, ma première réflexion est qu’il faut faire vite pour aller préparer le repas. C’est fou comme un important problème de santé passé peut influer ta vie future. Comme si le Bon Dieu m’avait donné une seconde chance et qu’il fallait ne pas perdre une minute. Jean-Marie a beau m’aider à me défaire de cette « phobie du temps », il faut vraiment que je travaille sur ce point.

Donc après réflexion, nous avons été vite à descendre la côte espagnole et la côte portugaise. La météo n’était pas propice à de longues escales. Alors, entre les courses, le nettoyage du bateau, il a fallu faire vite pour les visites. En regardant certains récits ou blogs d’équipages qui ont fait la même route que nous, nous nous sommes aperçus que revenait souvent la phrase suivante : « sur tel endroit, nous ne pouvons pas en dire plus car nous n’avons pas eu le temps de nous y attarder ». Quel dommage ! C’est exactement ce qu’on n’a pas envie de vivre. On ne pourra pas tout voir c’est certain mais on veut avoir le temps de s’imprégner d’un endroit, de discuter avec les habitants, de partager.

Pendant nos 3 jours de traversée entre le Portugal et l’archipel de Madère, nous avons eu le temps de réfléchir à nos désirs pour les semaines et les mois à venir. Soit on continue sur notre rythme avec la sensation d’engranger des miles et de visiter au pas de course, soit on se pose, on visite à un rythme tranquille et on s’autorise à ne rien faire.

Notre rencontre avec Patricia et José de Timeli à Lagos (Portugal) nous a fait réfléchir. Partis pour une transat en 2017, ils sont finalement restés presque 2 ans aux Canaries à sillonner les huit îles de l’archipel. Les ambiances différentes d’une île à l’autre, les fêtes patronales, les randonnées : les Canaries méritent qu’on s’y attarde. Alors c’est décidé, nous restons un bon mois dans les îles de Madère puis nous passerons du temps dans les Canaries. Notre descente vers le Cap Vert reprendra plus tard.

Festina lente !

L’homme stupide est celui qui ne change jamais d’avis – Pierre Dac

Alors comme on ne pense pas être trop stupides, on a changé d’avis sur notre trajet 
Depuis 2 jours, on a les cartes sur la table, on calcule les itinéraires, on a le cerveau en ébullition…
Nous n’allons plus au Maroc mais filons directement à Porto Santo (Madère). 
Mille et une raison nous ont poussé à modifier notre parcours.

Lorsque l’on a planifié notre trajet, il y a plus d’un an, on avait prévu des escales dans certains pays, dans certaines villes. Et puis, on avait occulté d’autres endroits.

Mais, avec le temps qui passe, certaines choses changent.

Pourquoi on ne va plus au Maroc ?

  • Mes parents vont tous les ans au Maroc en camping-car et on s’était dit que les rejoindre là-bas aurait été super sympa. Mais entretemps, ils ont dû revoir leur planning pour l’été et ne seront pas sur place.
  • On connaît déjà le Maroc pour y être aller plusieurs fois.
  • Il n’y a pas beaucoup de ports donc ça nous oblige à de longues navigations et à des arrivées de nuit dans des ports que nous ne connaissons pas et qui sont réputés coriaces avec des conditions d’entrée dans certaines marinas assez musclées.

Pourquoi va-t-on à Madère ?

  • Cette escale est sur la route des Canaries quand on vient du sud du Portugal. D’ailleurs de nombreux équipages transitent par ces îles.
  • Nous ne connaissons pas ces îles qui sont paraît-il très jolies
  • Il y a beaucoup de mouillages super sympas.

Alors on change notre programme, mais c’est aussi ça l’aventure. Tracer de grandes lignes et affiner en fonction de la météo bien sûr, mais aussi des envies, des rencontres.

Patience, patience !!

Depuis le 22 avril, nous sommes arrivés à Ouistreham.

Nos travaux devaient durer une semaine, voire 10 jours. Avec notre mésaventure liée à la perte d’une pale d’hélice, nous savions que nous serions un peu retardés.

Cela fait maintenant 3 semaines que nous sommes bloqués au chantier. Le problème de l’hélice est résolu, les travaux sont finis sauf un point : le radar !

Nous l’avions commandé au chantier le 21 janvier dernier pour être sûrs de l’avoir en avril. Mais le chantier a cru bon d’attendre le mois d’avril pour le commander. Il devait arriver le 1er mai, puis le 6 puis le 7, puis le 9 ! Maintenant, on ne nous donne plus de date !

Nous positivons en nous disant que le temps n’était pas propice à naviguer mais le soleil revient et nous aimerions voir autre chose qu’un chantier naval !

“Pratiquer la patience est la manière la plus efficace de préserver la paix de l’esprit “. Cette citation du Dalaï Lama s’applique parfaitement à la situation. Alors patientons !! 😉

 

Pensée du jour J – 20

Quelquefois, certaines phrases nous marquent, certains mots nous interpellent, certaines idées peuplent nos pensées !

 

A J – 20, voici une phrase d’Eric Tabarly que je partage.

“La confiance est un élément majeur : sans elle, aucun projet n’aboutit. Le doute est un ennemi mortel”

 

Je vous laisse la méditer……